Recréer une filière locale du végétal, de la graine au plant : un pari réussi en Grand Est

Recréer une filière locale du végétal, de la graine au plant : un pari réussi en Grand Est
Dans le nouveau reportage Histoires engagées de l’ESS, nous partons à la rencontre de Jacques Detemple, président de la SCIC Végétal Nord-Est, une coopérative née à Colmar avec une ambition forte : structurer une filière du végétal d’origine locale, ancrée dans les besoins des territoires.

Collecteurs, pépiniéristes, collectivités, structures de l’ESS, salariés… cinq collèges autour d’une même table, un même objectif : faire commun autour du vivant. Ce projet montre concrètement comment l’ESS peut transformer les pratiques et rassembler pour des enjeux communs. 
   
Végétal Nord-Est : reconstruire une filière locale de la graine au plant ! [Extrait]
 
Basée à Colmar, la SCIC Végétal Nord-Est naît en 2013 avec une ambition claire : structurer une filière du végétal d’origine locale, de la collecte de graines jusqu’aux plants, en lien étroit avec les besoins du territoire.
 
Derrière cette SCIC, un projet profondément collectif, né d’un engagement de terrain, de convictions écologiques fortes et d’une volonté assumée de « faire commun » autour du vivant.
Aux origines : apprendre ensemble, à partir de presque rien.
 
Jacques nous raconte son histoire, celle d’une aventure qui commence avec une poignée de bénévoles : « En 2013, on commence à collecter des noisettes, des fruits sauvages, on apprend à extraire des graines. On ne part de rien : très peu de littérature, peu de retours d’expérience. On tâtonne. Les premières collectes se font à petite échelle, dans des milieux naturels identifiés, parfois très naïvement. On apprend à reconnaître les espèces, à comprendre leur cycle, à séparer la graine du fruit." 
 
Un premier pépiniériste accepte de s’engager dans l’expérimentation. Les graines sont livrées gratuitement les deux premières années. Chaque saison, le nombre d’espèces augmente. « En 2014, neuf espèces de jeunes plants d’origine locale sont produites et mises en culture : des plants dont on connait la traçabilité ! De 2014 à 2019, nous sommes passés de 5 à 150kg de graines récoltées. Une preuve concrète que le modèle peut fonctionner, nous explique Jacques. »

Défendre le végétal local : un combat collectif et politique
Très vite, la question dépasse la simple production de plants. « On a fait un travail de promotion et on s’est rapproché des pouvoirs publics et des structures qui subventionnent la plantation de haies chez les agriculteurs : agence de l’eau, région Grand est, DREAL, pour expliquer qu’il fallait privilégier les plants locaux dans les subventions qu’ils accordaient. On implante trop souvent des végétaux qui ne sont pas reconnus par les insectes ou la faune locale. C’est une perte de biodiversité. »
Les partenaires publics ont été convaincus et en 2019, les dispositifs de subvention intègrent l’obligation d’inclure au moins 50 % de plants d’origine locale. « L’année 2019 a été charnière et nous a permis de nous projeter dans l’avenir. Mais on savait aussi qu’il fallait produire beaucoup plus de graines. »

D’un engagement personnel à un projet de territoire
Rien ne prédestinait pourtant Jacques Detemple à diriger une coopérative du végétal. Informaticien de formation, il entame une reconversion professionnelle à 50 ans. Il suit alors un master en économie sociale et solidaire à l’UHA de Mulhouse, avec l’envie de s’engager dans l’environnement. « J’ai quitté un emploi et j’ai pris le risque de me lancer dans l’aventure associative. Je savais où je voulais aller mais il fallait que je le mette en œuvre. Je suis passionné de nature et j’ai rencontré beaucoup de gens aussi passionné que moi. »
Un stage à la DREAL agit comme un révélateur. Au moment où se met en place la trame verte et bleue, il mesure l’importance de relier les milieux naturels entre eux. Dans ce cadre, il organise une plantation participative de haies chez un agriculteur, avec une quarantaine de bénévoles.
 
« À l’issue de cette expérience, j’ai envoyé un mail presque spontanément. Dix personnes ont répondu. On s’est retrouvés dans un café, avec une page blanche à écrire. »
De cette rencontre naît l’association Haies Vives d’Alsace, qui développe des chantiers participatifs de plantation et la récolte de baies sauvages. Rapidement, l’activité de collecte prend une ampleur régionale. « On était sur l’Alsace et le massif vosgien. On a vite ressenti le besoin de changer d’échelle. »
*reportage réalisé suite à l'interview de Jacques Detemple, Président de la SCIC Végétal Nord Est (janvier 2026)
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